Ce travail est né d'une inspiration sur le food art de Grant Maplethorn venu à mon studio le mois dernier. Alors que celui-ci dégustait un Döner Kebab tout en discutant avec moi des bienfaits de la crise sur le marché de l'art; un morceau de viande, des frites et certains légumes (les célèbres "salades tomates oignons?") sont venus à tomber sur mon parquet indonésien à 1500€ le mètre carré. Je n'ai, encore aujourd'hui, rien vu d'aussi beau que cet amoncellement disparate né de l'incident et j'ai pleuré comme devant la Pietà de Michel-Ange.
Il m'a fallu 5 semaines intensives de réflexions (dont deux aux Bahamas) pour mûrir un projet personnel. Transgression, exposition aux éléments, érosion naturelle. Le Travail de l'artiste (moi) n'a consisté qu'à mettre en valeur du mieux possible l'oeuvre naturelle (in situ) du lait de soja de sa forme liquide à l'état solide. Le caillage n'a été en rien retouché. La mise en scène est une dénonciation des horreurs de la guerre dans sa forme la plus simple, le jeune homme armé prêt à en découdre face à l'ennemi qu'on peut transposer à toute époque (du hoplite jusqu'au Marines) et en tous lieux. Mais aussi dans sa beauté avant la destruction et le carnage parce que la guerre ce n'est pas beau.
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